En 2003,
les collectivités territoriales ont transmis plus de 7,7
millions d’actes aux préfectures dans le cadre du
contrôle de légalité.
En
effet, toute une série d’actes individuels ou
règlementaires des collectivités territoriales
sont soumis au contrôle de légalité du
représentant de l’Etat localement compétent, à
l’exclusion des actes relatifs à la gestion courante.
Dans
le cadre du projet « ACTES »,
la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et
responsabilités locales autorise les collectivités
territoriales
à transmettre par voie électronique leurs actes soumis
au contrôle de légalité.
Cette modernisation de l’Etat, au niveau de l’intégration
du contrôle de légalité dans une chaîne de
dématérialisation complète,
vise à accélérer les échanges
administratifs entre les institutions locales et les préfectures,
ainsi que réduire les coûts liés à
l’impression et à l’envoi des actes.
En tant
que site pilote, la Ville de Lorient (Morbihan) a expérimenté
en 2004 la télétransmission des délibérations
et compte-rendus du conseil municipal. Sans compter le gain de temps
pour le personnel, la réduction des frais de reproduction
était estimée à 30 000 euros par an.
Actuellement,
une grande ville peut transmettre en Préfecture, chaque année,
plus de 16 000 actes administratifs. La dématérialisation
de cet envoi permettrait alors d’économiser plus de 400
kg de papier, soit l’équivalent d’une pile de
feuilles atteignant 8 mètres de hauteur.
Les
collectivités souhaitant bénéficier d’un
dispositif de télétransmission doivent, préalablement
à sa mise en œuvre, en solliciter l’homologation
auprès du ministère de l'intérieur.
Au soutien de leur demande, elles présentent à
l’administration centrale un dossier comprenant, notamment, un
rapport confidentiel
établi par un CESTI,
agréé et référencé par la DCSSI.
Ce
rapport détermine les conditions de protection de la
confidentialité des informations traitées par le
dispositif de télétransmission. Celles-ci doivent être
conformes aux « exigences »
du cahier des charges du 21 octobre 2005,
norme de référence de l’homologation.
Selon
ce cahier des charges, le dispositif doit s’insérer dans
la chaîne de télétransmission, constituée
de l’ensemble des réseaux informatiques par lesquelles
transitent les actes, depuis le poste de travail de l’agent de
la collectivité qui a rédigé l’acte,
jusqu’au poste de l’agent de l’Etat en charge du
contrôle de légalité.

Le dispositif de télétransmission
de la collectivité doit en conséquence respecter la
norme d’échange
des serveurs du MIAT,
par lesquels transitent les actes soumis au contrôle de
légalité.
Le dispositif doit également garantir la
sécurité de chaque flux de données
dématérialisées en assurant l’authentification
de l’émetteur et du destinataire, ainsi que l’intégrité
et la confidentialité des données télétransmises.
A ce titre, le dispositif doit inclure des mécanismes (mis à
jour régulièrement) de détection et de
suppression des virus informatiques, de détection et de
prévention des attaques réseau. La traçabilité
des actes télétransmis est à la charge des
collectivités.
Une fois homologué par le MIAT,
l’opérateur du dispositif
doit signer une convention avec le ministère concernant les
modalités concrètes de mise œuvre de son
dispositif de télétransmission.
Afin
d’alléger cette procédure administrative et
technique relativement lourde, une convention type de
raccordement est disponible sur le site du MIAT,
et le dispositif de télétransmission
homologué peut être utilisé pour le compte de
plusieurs collectivités.
Il
convient donc d’envisager d’emblée une
mutualisation des moyens mobilisés pour mettre en place cette
téléprocédure, en particulier avec les
organismes « satellites » de la collectivité :
C.C.A.S., syndicats intercommunaux, établissements publics,
etc.
En
raison de ces conditions juridiques et techniques déterminées
de manière très stricte, la CNIL a estimé que
ces dispositifs de télétransmission ne sont pas
« susceptibles de porter atteinte à la vie
privée ou aux libertés ». Dès
lors, ils peuvent bénéficier d’une dispense de
déclaration
auprès de la CNIL, en tant que traitement de données à
caractère personnel.
Cette
dispense s’applique aux dispositifs de télétransmission
des actes des collectivités territoriales et de leurs
établissements publics, ainsi qu’à ceux mis en
œuvre par les représentants de l’État.
[En
cas de recours à un prestataire externe, la CNIL rappelle que
ce dernier doit garantir la sécurité et la
confidentialité des données personnelles conformément
aux exigences de l’arrêté du 26 octobre 2005. De
plus, la conservation à des fins purement techniques des
données et actes qu’il transmet ne doit pas excéder
un mois. Enfin, le prestataire doit procéder à la
destruction ou à la restitution de tous les fichiers stockant
ces données dès l’achèvement de son
contrat.
Il
est utile de rappeler que la durée de conservation
administrative de ces données ne doit pas excéder un an
en règle générale
et 5 ans pour les délibérations budgétaires et
comptables]
La grande
majorité des collectivités territoriales s’est
engagée dans l’informatisation de leurs actes
administratifs. Certaines d’entres elles les diffusent déjà
sur CD-ROM ou par messagerie interne. Leur télétransmission
en Préfecture constitue donc la prochaine phase d’une
révolution silencieuse en marche depuis plusieurs années.
Il reste bien sûr des étapes à franchir, en
particulier la création d’une offre concurrentielle de
plateformes d’échanges qui devrait être
opérationnelle fin 2006. La dispense de déclaration
adoptée par la CNIL constitue à cet égard un
atout supplémentaire pour dépasser enfin le stade de
l’expérimentation.
Nicolas
Samarcq, juriste TIC
www.lexagone.com
François
Dubrulle, Directeur Territorial
ESTIMATION DES ENVOIS AU CONTRÔLE DE LEGALITE
PAR AN,
POUR UNE GRANDE VILLE
16 000 actes
438 kg de papier
(soit un pile de
feuilles dépassant 8 mètres de haut)
Délibérations du Conseil municipal
- 1
000 délibérations adoptées chaque année
- 7
séances par an
- Envoi
de 3 exemplaires de dossiers au contrôle de légalité
- Poids
d’un dossier : 2,4 kg.
- Poids
total : 50 kg
Arrêtés du personnel, envoyés
en 1 exemplaire
- 11
000 arrêtés par an
- 3
pages en moyenne
- Envoi
en 1 exemplaire au contrôle de légalité
- 33
000 pages envoyés, soit l’équivalent de 66
ramettes de papier de 2,4 kg chacune
- Poids
total : 158 kg
Arrêtés
du Maire (occupation domaine public, tarification, baux, emprunts …)
- 1
000 arrêtés par an
- 4
pages en moyenne
- Envoi
en 3 exemplaires au contrôle de légalité
- 12
000 pages envoyés, soit l’équivalent de 24
ramettes
- Poids
total : 58 kg
Arrêtés
relatifs à l’urbanisme
- 3
000 arrêtés par an
- 4
pages en moyenne
- Envoi
en 3 exemplaires au contrôle de légalité
- 36
000 pages envoyés, soit l’équivalent de 72
ramettes
- Poids
total : 172 kg
Hauteur de papier
Epaisseur d’une
ramette de 500 feuilles = 5 cm
- 81 000
pages envoyées en Préfecture,
- soit
l’équivalent de 162 ramettes
- soit
l’équivalent d’une pile de feuilles atteignant
8,10 mètres.
Auteur : M. Nicolas Samarcq Juriste TIC
et M. François Dubrulle Directeur Territorial.
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Source : Lexagone |
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