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J comme Justice qui prend le relais de la CNIL pour condamner
les infractions à la loi Informatique et Libertés.
Depuis 1978, la CNIL dispose d'un pouvoir de dénonciation des
infractions au Parquet ; les sanctions ainsi encourues ont été
alourdies par la modification de la loi opérée en 2006.
En 2006, une société
qui avait procédé à un sondage politique non
anonyme (tout en l'ayant déclaré comme sondage simple)
a été condamnée à une amende de 5000 €
(avril) ; un dispositif d'écoutes téléphoniques
mis en place par France Télécom pour améliorer
son Support Client a été suspendu car non déclaré
à la CNIL (avril) ; un P2Piste a été relaxé
par le Tribunal Correctionnel de Bobigny en décembre, le
traitement des adresses IP n'ayant pas été déclaré.
Enfin, la Cour de
Cassation a défini en mars la notion de « collecte des
données » dans une affaires de spam dénoncée
par la CNIL (il est donc interdit d'aspirer des adresses e-mail sur
des sites internet). Les tribunaux fondent fréquemment leurs
décisions sur d'autres textes (loi Godfrain, LCEN…) ;
le volet « Sanctions » de la loi Informatique et Libertés
est ainsi assez sous-utilisé.
En savoir plus :
Un communiqué
de la CNIL
L'arrêt
du 14 mars 2006 de la Cour de Cassation (source
Legalis.net)
Un article
du Forum des Droits sur la condamnation de France
Télécom
K comme Keylogger, dispositif permettant d'enregistrer
l'activité d'un utilisateur à son insu (frappes de
touches du clavier, clics souris…). Cette bonne vieille
technique d'espionnage connait une nouvelle jeunesse. Ces logiciels
permettent de récupérer des données sensibles
comme les numéros de carte bancaires, de sécurité
sociale, les identifiants de connexion, etc. Le CERTA a émis
des recommandations de vigilance en décembre 2006, signe de la
constante actualité de ce type de danger. En France, un réseau
d'une dizaine de personnes a été arrêté en
janvier pour avoir volé des codes d'accès de comptes
bancaires en ligne via un keylogger.
En savoir plus :
Les recommandations
du CERTA du 22 décembre 2006
Un article
de la rédaction de 01Net
K, c'est aussi…
Kazakhstan : malgré nos efforts,
nous n'avons pas trouvé trace d'une politique de Protection
des Données Personnelles… pas plus qu'au Kirghizistan
voisin, au Koweit ni au Kenya (non, le Kremlin n'est pas un pays). Et
vous, avez-vous des informations ?
L comme Lieu de travail. Cybersurveillance, géolocalisation,
gestion des accès et des horaires, mise en oeuvre de
dispositifs d'alertes professionnelles… La frontière
entre vie privée et activité professionnelle a connu de
nombreuses modifications cette année. La Cour de Cassation a
par exemple précisé sa jurisprudence « Nikon »
en matière de communication électronique : « les
dossiers et fichiers créés par un salarié grâce
à l'outil informatique mis à sa disposition par son
employeur pour l'exécution de son travail sont présumés,
sauf si le salarié les identifie comme étant
personnels, avoir un caractère professionnel de sorte que
l'employeur peut y avoir accès hors sa présence »
(C. Cass. 18 octobre 2006). La CNIL a fait face à la montée
de la biométrie au sein des entreprises et au développement
des outils de géolocalisation (en particulier via les
dispositifs GSM). Afin de canaliser les dossiers, la Commission a
adopté des autorisations uniques et des recommandations
définissant un cadre légal de déploiement de ces
technologies.
En savoir plus :
Les autorisations
uniques adoptées par la CNIL
L'arrêt
du 18 octobre 2006 de la Cour de Cassation (source
Forum des Droits)
Un article
sur le site de The Register
M comme Médecine ou Donnée Médicales.
En la matière, l'année 2006 a été marquée
par le dossier du DMP (Dossier Médical Personnel) et
l'hébergement de données de santé. En janvier,
un décret fixe la procédure d'agrément des
hébergeurs de données de santé. En juin, la CNIL
autorise l’expérimentation du DMP dans treize régions
et dix-sept sites pilotes retenus par le Groupement d’intérêt
public du dossier médical personnel ( GIP-DMP). En décembre,
le Conseil Constitutionnel censure 18 articles de la loi de
financement de la Sécurité Sociale, dont deux relatifs
au déploiement du DMP. Dans le même temps, l'expérience
pilote menée par Santénergie tourne à la
catastrophe,avec un arrêt du service pendant 3semaines et un
audit de sécurité, lorsqu'un médecin testeur
découvre un mécanisme de mots de passe digne d'un
programmeur débutant… En 2007, on ne connait toujours
pas le calendrier de mise en oeuvre du DMP.
L'inquiétude
sur la protection de la vie privée des données
médicales est également grandissante en Amérique
du Nord. Les accès indus aux dossiers médicaux se
multiplient (certaines personnalités se faisant soigner sous
un faux nom) aux Etats-Unis. Au Canada les dossiers sont désormais
indexés par un logiciel financé par la CIA. Deux
situations mais une constante : le recul de la confiance des
patients.
En savoir plus :
La
CNIL autorise les expérimentations du dossier médical
personnel
La décision
du 14 décembre 2006 du Conseil Constitutionnel
Un article
de Fulmedico sur la faille de sécurité
chez Santénergie
Un article
du New York Times concernant l'informatisation des
données médicales
Un article
de la presse canadienne
N comme NIR (Numéro d'Inscription au Répertoire
d'identification des personnes), plus connu pour être le Numéro
de Sécurité Sociale. A l'origine de la création
de la CNIL et de la loi Informatique et Libertés suite à
l'affaire SAFARI, le NIR est entouré de nombreuses précautions
: l'utilisation d'un identifiant unique faciliterait l'interconnexion
de fichiers, mais permettrait de tracer les individus dans tous les
actes de la vie courante. Cette question revient pourtant
régulièrement sur le devant de la scène : la
CNIL a ainsi refusé en février l’utilisation du
NIR par des organismes de recouvrement de créance au motif que
la lutte contre la fraude ou l’homonymie n'est pas suffisante.
Seul l'intérêt
général peut commander le recours au NIR ; dès
lors, le gouvernement essaie d'activer ce levier dans le cadre du DMP
: le NIR deviendrait ainsi l'identifiant santé unique
permettant d'alimenter et de consulter le dossier médical du
patient. La loi sur le financement de la Sécurité
Sociale prévoyait une demande d'« avis conforme »
de la CNIL sur cette question ; mais en décembre, le Conseil
Constitutionnel a censuré cette disposition, estimant que seul
un avis simple peut être demandé. L'utilisation du NIR
est pour l'instant écartée…Par ailleurs, une
vague d'opposition voit le jour : une pétition a été
lancée pour appuyer la CNIL dans son refus l'utilisation du
NIR.
En savoir plus :
Le
rejet par la CNIL de l'utilisation du NIR sans motif
d'intérêt général
L'actualité
du NIS sur le blog du Dr. Fraslin de FULMEDICO
La position
du GIP-DMP sur l'utilisation du NIR… et celle
du Directeur des Services de Bull, acteur de
l'expérimentation DMP
La pétition
réclamant le rejet du NIR comme identifiant
santé
N, c'est aussi…
Nomadisme, nouvelle forme de travail
facilitée par le développement d'appareils portables.
Le travail mobile et à distance peut toutefois faire courir
des risques pour la protection des données. La
perte d'un support (PC, CD-Rom, Clé USB)
conjuguée à une sécurité défaillante
(cryptage généralement inexistant) et aux erreurs
humaines présentent un risque majeur pour la perte de données
et leur réutilisation non autorisée.
O comme Ouverture de la
CNIL sur ce qui l'entoure. La Commission a poursuivi ses efforts en
matière de communication : nouvelles étapes du «
Tour de France », mise en place d'un service «
front-office » de renseignements téléphoniques,
formations des premiers CIL, publication intégrale de
délibérations de sanctions… La communication est
un axe de travail important d'Alex Türk, Président de la
Commission. Reste à poursuivre et améliorer les efforts
entrepris, par exemple en publiant systématiquement les
sanctions prises.
P comme Prospection politique, l'échéance des
élections favorisant cette tendance. 2006 fut émaillée
par l'affaire dite du « Sarko-spam » et l'envoi par
milliers de courriers électroniques non sollicités. La
CNIL est intervenue timidement dans le débat, en publiant une
recommandation à l'intention des parties. Pourtant, cette
affaire révèle l'interprétation extensive qui
peut être faite de la LCEN – pour la CNIL, la loi
autorise le « spam » BtoB – et le laxisme de
certains vendeurs de fichiers d'adresses dans la segmentation des
publics cibles. Il ne faut pas oublier que la loi Informatique et
Libertés prohibe le traitement des idées politiques ou
syndicales ; la violation de ce principe est constitutive d'un délit,
passible de sanction pénale. C'est ce qu'a appris en avril le
sondeur, dénoncé au Parquet par la CNIL, qui n'avait
pas anonymisé ses questionnaires politiques.
En savoir plus :
La recommandation
de la CNIL sur la constitution de fichiers dans le
cadre d'activités politiques
Le compte-rendu
de la table ronde organisée par la CNIL suite à
l'affaire du « Sarko-spam » (source : Frédéric
Couchet)
P, c'est aussi…
La Plainte déposée en Irlande
par le Digital
Rights Ireland contre la directive
européenne 2006/24 CE sur la conservation des données (ce
texte commande la rétention de données de connexion
internet ou téléphoniques, filaires ou sans-fil). Le
groupe reproche à la Directive de ne pas assurer une
proportionnalité entre les mesures envisagées et la vie
privée de millions d'individus.
Q comme la Question soulevée en novembre par la
Conférence des Commissaires à la protection des données
: « Vers une société de surveillance ? ». A
cette occasion, les autorités européennes de protection
des données se sont inquiétées de la
multiplication des fichiers publics aux objectifs sécuritaires
et de l'accélération technologique. Les manques
d'anticipation, de concertation et de réflexion des pouvoirs
publics sont vivement regrettés par les Commissaires
européens. En France, la CNIL relaie cette idée en
février puis en juillet, lorsqu'elle se demande si elle a été
« écoutée » lors de l'adoption des lois
antiterrorisme et prévention de la délinquance. En
parallèle, l'association Privacy International dresse une
carte des pays en fonction de leur niveau de surveillance.
En savoir plus
:
Le rapport
de la Conférence des Commissaires sur le thème
de la société de surveillance
La
CNIL a-t-elle été écoutée ?
L'étude
de l'association Privacy International sur les
sociétés de surveillance
Auteur : M. Cédric Crépin Juriste, Cabinet CILEX
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Source : Cabinet Cilex |
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