| R | S | T | U | V | W | X | Y | Z |
R comme Rétention de données, effectif et
obligatoire en France depuis la publication du décret du 24
mars 2006 : un ensemble de données techniques sont
désormais conservées par tous les opérateurs
de communications électroniques, fournisseurs d'accès
Internet, et opérateurs de téléphonie, mobile ou
fixe. De même, "les personnes qui, au titre d’une
activité professionnelle principale ou accessoire, offrent au
public une connexion permettant une communication en ligne par
l’intermédiaire d’un accès au réseau,
y compris à titre gratuit, sont soumises au respect de ces
dispositions".
Le
principe de la conservation de données avait été
posé par la loi sur la Sécurité Quotidienne en
novembre 2001, soit quatre ans auparavant, avec un double
objectif (outre les naturels impératifs de facturation des
opérateurs…). Un objectif de sécurité des
réseaux a conduit à organiser un premier niveau
de rétention de trois mois. D'autre part, pour
permettre la recherche, la constatation et la poursuite des
infractions pénales, les données sont conservées
douze mois, indépendamment de leur nature.
La
définition des données conservées est large et
peu précise : identification de l'utilisateur et du
destinataire, origine et localisation, caractéristiques
techniques des équipements ainsi que la date, l'horaire
et la durée de chaque communication… La CNIL n'a pas
hésité à critiquer ce texte, estimant qu' "en
se contentant d’énumérer cinq catégories
générales de données [le décret] ne
permet pas aux opérateurs de mesurer précisément
l’obligation qui leur est faite de conserver certaines données
en dérogation au principe général d’effacement
ou d’anonymisation posé par la loi". La
Commission relève à l'occasion que son avis
d'octobre 2005 sur l'avant-projet de loi anti-terrorisme n'a pas été
suivi…
Le
décret de mars 2006 applique également la Directive
2006/24 adoptée le 15 mars 2006. Ce texte européen
s'était attiré les foudres du G29, groupe de travail
des "CNIL" européennes. Dans un avis du 25 mars, le
G29 soulignait que "la décision de conserver les
données de communication aux fins de la répression des
infractions graves est sans précédent et elle fera
date. Elle empiète sur la vie quotidienne de chacun et menace
les valeurs et les libertés fondamentales érigées
en principes et chères au coeur de tous les citoyens
européens." Cette directive fait d'ailleurs l'objet
de contestations devant les juridictions Irlandaises (voir
la lettre P).
Enfin, à voir la dérive du fichier génétique,
le FNAEG, à l'origine réservé lui aussi aux
"infractions graves" et désormais applicable aux
taggeurs et aux faucheurs d'OGM, on ne peut que s'interroger…
En
savoir plus :
• La
loi
sur la sécurité quotidienne du 15 novembre 2001,
le décret
d'application du 24 mars 2006,
et l'arrêté
du 22 août 2006 proposant une grille tarifaire des
compensations financières liées à la rétention
des données
• L'avis
de la CNIL du 10 octobre 2005
sur l'avant-projet de loi anti-terrorisme
• La
réaction
de la CNIL
suite à l'adoption du décret du 24 mars 2006
• L'avis
du G29 sur la directive 2006/24
• Un
article
du blog sur le E-commerce
de Benoît Tabaka
R
c'est aussi comme...
RATP,
fautive
d'une fuite de données personnelles cet été.
Un particulier qui complétait en ligne un formulaire pour un
pass Navigo a remarqué que l’URL comprenait en partie
son numéro client. En modifiant ce numéro dans
l’adresse, il parvint dynamiquement à consulter le
formulaire des autres clients. La consultation des formulaires
permettait d'accéder à la photo du demandeur, son état
civil, son adresse postale, son mail et son numéro de
téléphone. Ce défaut de sécurité,
digne d'un débutant, est une violation patente de l'obligation
de sécurité imposée par l'article 34 de la loi
Informatique et Libertés, passible de lourdes peines. Un
faux-pas de plus pour la RATP qui, en violation des
recommandations de la CNIL,
faisait payer aux possesseurs de Navigo la possibilité de
circuler de façon anonymement. Cette
faculté semble d'ailleurs avoir tout simplement disparu
aujourd'hui.
RFID
- Radio Frequency IDentification - méthode permettant de
stocker et récupérer des données à
distance. Elle peut fournir des données à caractère
personnel de part la nature individuelle des identifiants de chacun
des objets marqués. La CNIL
et la Commission Européenne s'inquiètent des usages
"furtifs"
pouvant découler de cette technologie. Un cadre réglementaire
est à l'heure actuelle en cours d'élaboration, le G29
ayant fourni un rapport
éclairant sur les problèmes du RFID et les solutions
possibles.
S comme les Sanctions de la CNIL délivrées en 2006. La
modification de la loi Informatique et Libertés en août
2004 a doté la CNIL d'outils répressifs importants,
notamment par un nouveau pouvoir de sanction pécuniaire. Par
deux délibérations du 28 juin, une Etude d'huissier et
la banque LCL ont eu la primeur publique de ce pouvoir d'amende. Dans
le premier cas, la CNIL a voulu contrôler les pratiques de
l'Etude suite à des plaintes. Le secret professionnel lui a
été opposé, empêchant toute vérification.
Après enquête, la CNIL a estimé que son action a
été entravée et qu'aucun effort en matière
de protection des données n'avait été fourni par
l'étude.
Dans
le second cas, la CNIL avait été saisie de plaintes
émanant de clients de la banque LCL, contestant leur
inscription dans les fichiers centraux de la Banque de France (FCC
[chèques impayés, retraits carte bancaire] et
FICP, incidents de remboursement aux Crédits des
Particuliers). Or ces clients avaient payé leurs dettes. La
CNIL a alors procédé à deux contrôles
successifs, mais n'a pas obtenu de réponses
satisfaisantes quant à la conformité de ces
inscriptions à la réglementation bancaire applicable.
Face à l'inertie de la banque lors des contrôles, la
Commission a estimé qu’il y avait eu entrave à
son action et inscription abusive dans des fichiers. Une amende de
45.000 € a été infligée, assortie de
l'insertion de la délibération de la Commission dans
deux quotidiens (Le Figaro et Les Echos) - cette insertion a eu lieu
le 15 août, jour de faible lectorat. Si les pratiques
Informatiques et Libertés sont à revoir, le Service
Communication de la banque est quant à lui bien rodé.
En
savoir plus :
• Les
délibérations de la CNIL du 28 juin 2006 sanctionnant
la
banque LCL
et une
étude d'huissiers
• Un
article
de la rédaction de ZDNet
S
c'est aussi comme...
Signal-Spam,
plate-forme
de concertation publique-privée destinée à
lutter contre le spam.
Le projet, lancé après l'expérience
de la boîte à spam de la CNIL,
a vocation a recueillir des données destinées aux
autorités et aux fournisseurs d'accès. Un des leviers
de cette action consiste en la posibiité pour l'internaute de
transmettre ses courriers indésirables, ce qui renseignerait
sur l'origine et la nature des spam. Prévue pour le dernier
trimestre 2006, cette
fonctionnalité est toujours dans les cartons en ce début
d'année.
La
Sécurité des Système d'Informations (SSI),
dont l'importance sur la vie privée, l'économie et la
stratégie de l'entreprise est sous-évaluée selon
la Commission Européenne. Elle
invite les Etats membres et les sociétés à
fournir plus d'efforts en la matière.
La Commission s'inquiète particulièrement de la
multiplication des vols de données en Amérique du Nord,
et de l'absence d'information sur ce type de dommage en Europe. C'est
pourquoi elle a confié à une agence européenne,
l'ENISA,
le soin de dresser l'état des lieux des politiques de chacun
des Etats membres. A terme, cela pourrait déboucher sur un
système d'alerte et de partage des données au sein de
l'Union Européenne.
T comme Terrorisme, moteur de la création de bases de
données étatiques. Les attentats du 11 septembre 2001
qui ont frappé les Etat-Unis ont ouvert la porte à un
corpus législatif sécuritaire; sous couvert du maintien
de l'ordre et de la sécurité, de gigantesques bases de
données voient le jour. En France, rétention des
données de connexion, déploiement de la
vidéosuveillance, extension du FNAEG (Fichier national
Automatisé des Empreintes Génétiques) à
un large panel de crimes et délits, ouverture des fichiers
administratifs à la Police et à la Gendarmerie, accès
aux données de voyage stockées par les
transporteurs aériens… sont mis en oeuvre
dans ce cadre.
Les
exemples ne manquent pas pour illustrer les modifications apportées
à la frontière entre vie privée et intérêt
général. Si la légitimité des projets est
rarement remise en cause, leur mise en oeuvre suscite diverses
interrogations. La CNIL regrette régulièrement que ses
avis et recommandations ne soient pas ou peu suivis; elle fustige
également le manque de transparence et de garanties des
traitements mis en oeuvre. La Commission n'a d'ailleurs pas hésité
à monter au créneau pour critiquer ouvertement certains
textes en 2006. Unique garde-fou face à la multiplication des
fichiers, la loi antiterrorisme de janvier 2006 a en outre réduit
son rôle sur les fichiers intéressant la sûreté
de l’Etat, la Défense ou la Sécurité
Publique.
Cette
inflation législative se développe également en
dehors de nos frontières: la plupart des pays renforcent leur
législation. Des accords régionaux, destinés à
la lutte contre le terrorisme, mettent en place de nouveaux
traitements de données personnelles : accord PNR
Europe-Etats-Unis (tranfert des données Passagers à
l'administration US), développement du système
VIS (système européen d’information sur les visas
de court séjour), création du passeport biométrique
européen, etc.
Notons
enfin que ce développement, faisant craindre un recul global
des libertés, provoque réactions et émergence de
contre-pouvoirs, favorisés par l'Internet. L'association
StateWatch propose ainsi d'analyser les réformes entreprises
du point de vue des libertés publiques ; Privacy
International
a créé les célèbres Big Brother Awards ;
l'Electronic
Frontier Fondation,
EPIC.org…
alimentent tous ces polémiques. En France, citons l'IRIS,
"Imaginons un Réseau Internet Solidaire".
En
savoir plus :
• La
page
de la CNIL
consacrée aux traitements relatifs à l'antiterrorisme
• L'étude
menée par l'association StateWatch
sur le développement des législations sécuritaires
• Un
article
de Wired
sur la position de la FTC suite aux attentats de 2001
• Un
article
de synthèse de la rédaction de 01Net, fin 2005, sur les
mesures antiterroristes
T
c'est aussi comme...
Le
Tribunal Assisté par Ordinateur (TAO) testé
en Chine sur plus de mille cinq cent affaires criminelles
(meurtres, cambriolage, crimes sexuels...). Concrètement, le
juge renseigne certains éléments de l'affaire au
logiciel (nature du crime, préjudice subi par la victime,
circonstances atténuantes ou aggravantes...) qui propose une
sanction. Étrangement, cette aide informatique a pour but de
combattre l'arbitraire et l'abus de pouvoir de certains magistrats
chinois…
U comme l'Urgence invoquée par le Président de la
CNIL, Alex Türk, à communiquer auprès du grand
public sur les questions de protection des données. Cette
initiative, relayée par le Commissaire Européen à
la Protection des Données (CEPD) - actuellement Peter
Johan Hustinx - et par la Conférence des Commissaires
(Londres 2006), est destinée à provoquer un réveil
des consciences chez les citoyens. Une dizaine de "CNIL"
dans le monde soutiennent cette action conjointe. Procédant à
une véritable remise en cause, les autorités de
protection des données soulignent le discrédit dont
elles sont généralement victimes : image trop juridique
ou technocratique, sous-représentation médiatique,
relations avec l'extérieur (société civile,
associations, chercheurs) insuffisantes...
Dans
un document stratégique de novembre 2006, le Président
Türk propose d'établir un parallèle entre
protection de l'environnement et protection de la vie privée.
Dans les deux cas, la notion de capital à conserver est
évoquée. Sur le plan de l'action, la rédaction
d'une Charte Universelle de la Protection des Données est
envisagée. L'urgence dénoncée par Alex Türk
doit trouver un écho dans les actions des autorités de
protection et, dans une plus large mesure, la conscience collective,
pour ne pas rester un simple voeu pieux.
En
savoir plus :
• Le
document
stratégique
publié par la Conférence des Commissaires de Londres en
novembre 2006
• Le
site
du Commissaire Européeen à la Protection des Données,
Peter Johan Hustinx
• Un
article
de la rédaction de The Register (Londres) sur la conférence
des Commissaires
• La
tribune
d'Alex Türk
sur le site de la CNIL
U
c'est aussi comme...
UMP
(Union pour un Mouvement Populaire), qui a
alimenté l'actualité de la protection des données
en 2006. L'affaire dite du "Sarko-spam"(campagne de
recrutement par e-mailing à la légalité
contestée) a largement contribué à cette
"notoriété". Toutefois, le parti s'est aussi
distingué par une affaire de fuite de données. Un
fichier Excel
comprenant trois mille cinq cent noms d'adhérents ainsi que
leurs données personnelles a été joint - par
erreur - lors de l'envoi d'une campagne d'e-mailing.
La
faute est double : d'une part, le recours à Excel ou Word
pour constituer un fichier d'adhérents est un très
mauvais réflexe (aucune sécurité, aucun
mécanisme contrôlé de gestion…). D'autre
part, l'absence de cryptage des données a permis leur
reproduction sur plusieurs sites internet. Le parti a toutefois
contacté la CNIL rapidement, et a envoyé un mail à
ses adhérents pour signaler cette erreur et inviter à
la suppression du mail litigieux. Si l'UMP a été mise
sur le devant de la scène, tous les partis sont concernés.
Le site zataz.com a ainsi révélé les failles de
sécurité affectant les
sites web des partis politiques,
laissant la porte ouverte à des usages frauduleux.
V comme la Vente de la Vie pivée. La commercialisation de
données à caractère personnel n'a en elle-même
aucun caractère prohibé… mais elle doit
respecter la loi Informatique et Libertés. Les conditions de
légalité doivent être respectées :
information et accord de la personne concernée, droit d'accès,
de rectification et de suppression des données chez
l'acheteur, accomplissement des formalités préalables
par l'acheteur et/ou le vendeur auprès de la CNIL
(Déclaration, voire Autorisation...)… Bien que
contraignantes, ces règles garantissent la protection de la
vie privée.
En
Europe, la vente de données, bancaires notamment, s'organise
sous le manteau, via des forums et des sites douteux. Dans un autre
registre, le Parc Eurodisney s'est fait épingler pour avoir
payé des agents de police afin de recueillir des éléments
pouvant "aider" au recrutement d'employés. En
Allemagne, les députés ont évoqué
(spontanément ?) l'idée de vente de données
personnelles pour financer les nouveaux passeports biométriques…
et ont provoqué un scandale.
Aux
Etats-Unis, la vie privée est commercialisée au même
titre que toute autre marchandise; des sociétés comme
USSearch ou Intelius en ont fait leur très florissante
activité. Des données très sensibles sont ainsi
vendues : casier judiciaire, biens immobilers, historique marital…
l'idéal pour tout connaître de son voisin, de son futur
employé ou de sa nourrice. La négation du droit à
l'oubli inhérente à ce système, facilité
par les interconnexions de fichiers, crée un risque de
"marquage à vie" des individus. Sur le Vieux
Continent, la Loi Informatique et Libertés poursuit l'objectif
inverse.
En
savoir plus :
• Les
sites des sociétés USSearch
et Intelius
• Un
article
de la rédaction de Génération NT sur Intelius
• Un
article
de la rédaction du Monde Informatique sur le financement du
passeport en Allemagne
V
c'est aussi comme...
Vote
électronique, levier de l'E-démocratie, dont
l'opportunité continue d'alimenter le débat. La CNIL
s'intéresse au sujet depuis quelques années, avec
notamment une
recommandation sur la sécurité des systèmes de
vote électronique en juillet 2003.
En février, elle a émis un
avis sur le dispositif de vote électronique pour les élections
à l’assemblée des Français de l’étranger
(AFE).
Si la recommandation de 2003 de la CNIL est respectée, la
Commission regrette qu'aucune expertise indépendante du
dispositif de vote électronique ne lui ait été
transmise. Un "oubli" non négligeable, la CNIL
n'ayant pu apprécier le dispositif de vote électronique
projeté au regard des principes généraux de
protection des données à caractère personnel.
En
Mai 2006, la CNIL a dressé un état des lieux du vote
électronique dans le monde.
La Commission relève ainsi que le vote électronique est
étroitement lié à la technique, aussi bien pour
son développement (réservé aux pays à
l'infrastructure avancée) que pour son refus (l'immaturité
des dispositifs techniques étant en cause). Dès lors,
la Commission s'interroge sur la caractère démocratique
du vote à ditance : y aura-t-il toujours une indépendance
du votant ? L'analyse des experts ne se substituera-t-elle pas au
contrôle populaire ?
W comme Wi-Fi (Wireless Fidelity), technologie sans fil
permettant de se connecter à un réseau. La CNIL a émis
en août 2006 des recommandations sur l'usage du W-iFi,
notamment sur ses aspects "sécurité".
Transmises par ondes radio, les informations peuvent en effet être
facilement captées et traitées par un tiers non
autorisé, ce qui crée un risque pour la confidentialité
des données. La Commission préconise des mesures
simples à destination du grand public : filtrage des accès
(clé WEP, adresse MAC), utilisation du système SSL
(Secure Sockets Layers) pour les gestionnaires de contenu, permettant
la mise en place d'un canal de communication chiffré entre
deux machines.
Faisant
preuve de la même pédagogie, la CNIL
avait précédemment diffusé des
conseils sur l'utilisation des ordinateurs portables. Le risque de
perte des données stockées sur un PC portable est réel,
les nombreux vols de données déclarés aux
Etats-Unis en étant la preuve suffisante (voir
la lettre N).
La CNIL reconnaît l'insuffisance des mesures prescrites, mais
le but est bien de communiquer et de faire adopter les bons réflexes
Informatique et Libertés. La Commission invite d'ailleurs les
entreprises, collectivités, associations à sensibiliser
leurs utilisateurs au caractère confidentiel des données
mises à disposition, par le biais de notes internes et
formations
En
savoir plus :
• Les
recommandations
de la CNIL sur le Wi-Fi
• Les
recommandations de la CNIL sur l'usage
des ordinateurs portables
… mais
aussi faire une simple recherche sur internet (avec par exemple "wep,
linux, crack ") pour se rendre compte que de tels outils "pour
les nuls" existent pour de vrai !
W
c'est aussi comme...
Les
sites Web dont la déclaration a été
supprimée par la CNIL en juin 2006. Sur le plan juridique,
cette solution est logique puisqu'un site Web n'est pas un traitement
par lui-même, mais un moyen technique de diffusion et de
collecte des données. La fin
abrupte de ce service et les difficultés rencontrées
par la CNIL pour expliquer la marche à suivre à
l'avenir
ont coupé l'Autorité d'une partie de ses "adeptes",
en particulier les webmasters. Dans le même temps, la
CNIL franchit le pas de la dématérialisation en
permettant (enfin) de remplir l'ensemble des formalités
(hormis l'autorisation) par voie électronique.
Ce service, initialement destiné à faciliter les
démarches des Responsables de Traitements, ne fut
malheureusement pas mis en avant, demeurant confidentiel. Pour
contourner toutes ces difficultés, l'idéal est
évidemment de nommer
un Correspondant Informatique et Libertés.
X
comme Monsieur ou Madame X. L'anonymisation des décisions
de justice est l'un des chantiers attaqués par la CNIL depuis
plusieurs années, avec un aboutissement sous l'impulsion du
Président Türk. La Commission avait établi en
novembre 2001 une recommandation sur la diffusion de données
personnelles sur internet par les banques de données de
jurisprudence. Cette mesure préconise notamment que le nom et
l’adresse des parties ou des témoins au procès
soient supprimés. Soulignons que la recommandation de 2001 ne
s’applique pas aux recueils de jurisprudence sur support papier
; elle ne vise que les bases de données informatisées
librement accessibles sur internet.
En
février, la CNIL a dressé un bilan de 5 ans
d'application de ce texte. "Il apparaît que les principes
dégagés en 2001 sont, pour l’essentiel, appliqués
par les différents acteurs et, qu’au total, la
recommandation a permis d’encadrer de manière équilibrée
la diffusion des décisions de justice sur internet et
d’assurer le respect de la vie privée des personnes
citées dans ces décisions". La CNIL a toutefois
retenu les difficultés d'application de sa recommandation. Une
anonymisation globalisée rendrait la recherche
jurisprudentielle particulièrement ardue, certaines décisions
étant connues pour leur "nom". Des dérogations
peuvent dès lors être envisagées.
Cette
anonymisation est à rapprocher d'une mesure de 2004, sur avis
de la CNIL : les décisions de changement de nom, accordées
par le Garde des Sceaux, ne sont plus publiées dans la version
électronique du Journal Officiel. Paraissant
traditionnellement le vendredi, ces décisions étaient
très suivies par les curieux avides de savoir que M. xxxxxx
avait été autorisé à porter désormais
le nom de "Dubland"…
En
savoir plus :
• La
recommandation
du 29 novembre 2001
de la CNIL
• Le
bilan
de la CNIL sur les cinq années d'application de la
recommandation de 2001
(février 2006)
Ycomme… heu
… nous
avons séché sur le Y …
Yahoo
a été sage cette année, mais on leur fait
confiance pour 2007 !
Vous
avez une idée ? Vite, un commentaire !
Z comme le Zéro pointé adressé par la
Commission Européenne aux moyens mis en oeuvre dans la plupart
des Etats membres en matière de lutte contre le spam. Une
communication du 15 novembre pointe du doigt l'absence de
coordination public-privé au sein de nombreux Etats. Si les
lois "anti-spam" existent, elles ne sont que rarement
appliquées et les poursuites judiciaires peuvent se compter
sur les doigts d'une seule main. Seuls deux pays tirent leur épingle
du jeu : les Pays Bas et la Finlande. Dans le premier cas, il a été
possible de réduire le spam de 85 % au moyen des poursuites
engagées par un organisme dédié à la
lutte antispam, et ce en y consacrant seulement cinq personnes à
plein temps et 570000 euros d’équipement. Dans le second
cas, une application stricte des mesures de filtrage imposées
par la loi ont permis de faire baisser le taux de spam de 80 % à
30 % des mails échangés.
La
situation française, si elle n'est pas détaillée
par la Commission, n'incite pas à l'optimisme. Les poursuites
judiciaires sont rarissimes, la plateforme de coopération
publique-privée SignalSpam n'est pas encore opérationnelle
et surtout, la France est le troisième émetteur mondial
- premier européen - de spam. Pourtant, l'arsenal législatif
est prêt à être appliqué. La collecte
déloyale d'adresses électroniques pouvant être
sanctionnée de cinq ans d'emprisonnement et 300000 €
d'amende (art. 226-18 du Code pénal), l'envoi de spam pouvant
être lui puni de 750 € par message irrégulièrement
expédié. Les fournisseurs d'accès peuvent même
priver d'accès à internet leurs clients qui auraient
été identifiés comme émetteurs de spam.
Les solutions existent, seule l'ambition fait défaut.
En
savoir plus :
• La
communication
de la Commission Européenne sur la lutte contre le spam
(novembre 2006)
• Les
chiffres
2006 du spam
retenus par la Commission Européenne (source : Sophos)
• L'état
du droit en France sur la question du spam
sur le site de la CNIL
• Un
article
de la rédaction de Generation NT
Auteur : M. Cédric Crépin Juriste, Cabinet CILEX
.
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Source : Cabinet Cilex |
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