« Cette action menée à
l'échelle de l'Union est une réponse directe aux
centaines de plaintes de consommateurs reçues par les
autorités nationales. De très nombreuses personnes sont
victimes de surprises coûteuses consistant en de mystérieux
frais, redevances ou abonnements à des sonneries dont elles
apprennent l'existence pour la première fois à la
lecture de leur facture de téléphone portable (…) »[2].
L'opération dite « coup de balai »
vise donc à assurer le respect de la législation
communautaire relative à la protection des consommateurs, à
savoir les directives sur les pratiques commerciales déloyales,
la vente à distance et le commerce électronique.
Elle s'est déroulée du 2 au 6 juin, et
a porté sur 558 sites dans les 27 Etats membres, ainsi
qu’en Norvège et Islande.
En France, la Direction
générale de la Concurrence, de la Consommation et de la
Répression des Fraudes (DGCCRF) a procédé, dans
le cadre de cette action, à des investigations sur 27 sites.
Le résultat est sans équivoque au
niveau de l’Union : près de 80% des sites contrôlés
ne respectent pas les règles communautaires relatives à
la protection des consommateurs et feront l’objet d’une
enquête plus approfondie.
Les sites web qui s'adressent plus particulièrement
aux enfants (50 % des contrôles), en utilisant des personnages
de dessins animés pour enfants ou des personnages TV bien
connus, ont le même taux d'irrégularités
constatées (80%).
Concrètement, ce nouveau type d'enquête
et d'action de l'Union européenne a été mené
en concertation avec les Etats membres qui ont effectué « des
contrôles simultanés et coordonnés des pages web
en vue de détecter d'éventuelles infractions à
la législation en matière de protection des
consommateurs dans un secteur donné. Ils prennent [ensuite]
contact avec les opérateurs soupçonnés
d'irrégularités et les prient de se mettre en règle
et/ou prennent des mesures correctives à leur encontre »[3].
De manière générale, les
contrôles ont révélé des manquements par
rapport à la clarté de l'information relative au
prix de l'offre et aux renseignements des fournisseurs, ainsi que des
faits constitutifs de publicité trompeuse.
Information incomplète sur les prix (50 %
des sites contrôlés)
- Les prix, frais et redevances connexes ne sont pas
indiqués clairement ou ne sont pas mentionnés sur le
site. Ils apparaissent uniquement sur la facture téléphonique
du consommateur, une fois la prestation réalisée.
- En cas d'abonnement, l’offre n’indique
pas expressément la nature de la prestation ou la durée
de l'abonnement est floue.
Information incomplète sur le prestataire de services
(70 % des sites contrôlés)
399 sites web sur 558 contrôlés ne
mentionnent pas certains éléments obligatoires relatifs
à l'identité du fournisseur, son adresse géographique,
ses coordonnées téléphoniques ou électroniques.
Or, cette obligation légale de la loi pour la
Confiance dans l’Economie Numérique peut être
sanctionnée par une amende 375 000 € maximum et 5 ans
d’interdiction d’exercer l’activité pour les
personnes morales.
Information trompeuse (60 % des sites contrôlés)
344 des 558 sites contrôlés
présentaient l'information de manière trompeuse.
Ainsi le mot « gratuit »
a été utilisé fallacieusement pour amener le
consommateur à conclure des contrats de longue durée,
tandis que la véritable information relative au contrat,
figurait en petits caractères ou était difficile à
trouver, laissant ainsi croire au consommateur à la gratuité
du service.
***
A la suite de cette enquête, les sociétés
dont les sites présentent des manquements à la
législation européenne en matière de protection
des consommateurs seront contactées par les autorités
nationales compétentes pour se mettre en conformité.
A défaut, des actions en justice seront engagées
pour prononcer des amendes ou la fermeture des sites litigieux.
Les autorités nationales devront émettre un rapport
auprès de la Commission européenne sur l'évolution
de la situation au premier semestre 2009.
En France, selon
le communiqué de presse du secrétaire d’Etat Luc
Chatel, « l’information
du public sur les prix et les conditions de vente ainsi que
l’information sur les caractéristiques des services
proposés sont, dans l’ensemble, correctement assurées.
Il n’a pas été relevé de manquements
caractérisés susceptibles de donner lieu à une
suite contentieuse »[4].
« En
revanche, des manquements ont été relevés
concernant l’identification des sites (notamment l’indication
du numéro de TVA intracommunautaire qui fait souvent défaut)
et l’indication des coordonnées permettant au
consommateur d’entrer en contact avec l’entreprise
exploitant le site. Ces anomalies ont donné lieu à 14
notifications d’information réglementaire, 5 rappels de
réglementation et un procès-verbal »[5].
A noter que 7 pays (Norvège, Finlande, Suède,
Lettonie, Islande, Roumanie et Grèce) ont publié le nom
des sites web où la présence d'irrégularités
a été constatée (MEMO/08/516)[6].
Nicolas Samarcq
Consultant en Affaires Réglementaires TIC
www.lexagone.fr
Quelques chiffres :
495 millions : nombre de téléphones
portables en Europe.
691 millions d'euros : valeur des ventes de
sonneries au sein de l’Europe en 2007.
29% : marché total du « contenu
mobile » des sonneries en 2007, (soit environ 10% de
plus qu'en 2006).
Auteur : M. Nicolas Samarcq Juriste TIC
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Source : www.lexagone.com |
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